Comment diable le groupe Accor est-il parvenu à mettre la main sur Thibault Viort, électron libre, serial entrepreneur et pionnier dans plusieurs domaines appliqués à l’informatique ? Si l’on vous disait qu’il y a une histoire d’ascenseur… ?

Compte-rendu non exhaustif [1] et partisan d’un meetup qui nous a tous rendus optimistes.

Mercredi 14 septembre dernier, Thibault Viort nous a parlé du groupe Accor, qu’il a rejoint il y a quelques mois. Et contre toute attente, cela ne nous a pas du tout donné envie de partir en vacances, mais plutôt de courir nous remettre au travail. Car il nous a expliqué comment il concevait sa mission en tant que Chief disruption & growth officer : un challenge, qui s’il est mené à bien, permettra d’influer durablement sur les relations entre les start-ups et les grands groupes.

L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de déterminer comment une entreprise[2] du CAC 40, par ailleurs âgée de cinquante ans, peut prendre le virage de l’économie collaborative… Une question de survie, que Thibault Viort entend bien transformer en opportunité (pour le groupe, pour ses salariés mais aussi pour toutes les entreprises susceptibles d’interagir avec le secteur hôtelier).

Plus concrètement : Thibault et son équipe sont chargés de construire de nouvelles « lignes de revenus »… Et pour y parvenir, ils se sont donné les moyens d’avoir des idées ! Tous les collaborateurs d’Accor sont invités à présenter, développer ou concrétiser leur passion, projet ou solution : voilà comment sont nées les réunions du vendredi midi, auxquelles chacun peut participer en rejoignant un atelier de réflexion déjà existant, ou en proposant un nouveau thème.

Et si, direz-vous, la comptable du 15ème étage, fan de musique classique, a une super idée qui pourrait bien se décliner dans l’hôtellerie ? Il faudra que T. Viort parte à l’assaut des RH du groupe, afin qu’elle puisse développer son projet. Vous l’aurez compris : chez Accor, l’avenir se construit en misant sur « l’intraprenariat ».

Et si LA bonne idée vient de l’extérieur : d’une start-up, d’une PME, ou d’un étudiant ? Qu’à cela ne tienne. À charge pour T. Viort de déterminer s’il convient de procéder à une prise de participation, un rachat, ou de se limiter à un simple accompagnement… bref « trouver le juste milieu » en tenant compte avant tout de la personnalité de celui qui propose le concept : car l’Humain, doit se trouver au cœur de la réflexion.

En cela, la mission du Chief disruption and growth officer d’Accor consiste alors à assurer l’interface entre deux écosystèmes. Et selon lui, il est urgent de redéfinir les relations entre les start-ups et les grands groupes (et vice-versa), de faire prendre conscience aux uns et aux autres de leur complémentarité.

Ainsi, Thibault explique comment un mastodonte comme Accor éprouve de grandes difficultés à passer de l’idée au projet, du concept au concret : autrement dit, de « faire les 100 000 premiers euros ». En revanche, c’est un as du déploiement de projet (prosaïquement : transformer « les 100 000 premiers euros en plusieurs millions. Et ce, en dix-huit mois ») ! Et lorsque l’on est présent dans 92 pays, tout peut aller très vite ! Alors, à bon entendeur…

En écoutant ce MeetUp sur youtube (https://www.youtube.com/watch?v=mbxyF1L1dBE), vous découvrirez donc comment un grand groupe s’adapte et se repositionne pour rester innovant.

Mais pas uniquement : vous apprendrez avec intérêt que celui qui a l’étoffe d’un porteur de projet sera certainement accueilli à bras ouverts dans l’équipe de T. Viort ;-), que nous devrions plus miser sur notre sérendipité, etc.

Épilogue

Et l’ascenseur dans tout ça ? Disons que si un jour, vous croisez un bonhomme goguenard qui pose des questions dans un ascenseur, laissez tout tomber et emboîtez-lui le pas !

[1] – rendez-vous sur https://www.youtube.com/watch?v=mbxyF1L1dBE

[2] – Le groupe Accor est présent dans 92 pays (5000 hôtels), compte 240 000 collaborateurs et affiche un CA annuel qui dépasse les 5 M€.

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