« Travailler, et travailler, c’est le moyen de ne jamais s’ennuyer ». 63% des Français1 ne sont pas vraiment d’accord avec cette citation de George Sand, et avouent trouver peu d’intérêt à leur travail, au point d’être prêts à gagner moins pour s’ennuyer moins. Un ennui qui va de pair avec des envies de démission de moins en moins dissimulées chez les jeunes cadres. Qu’est-ce qui fait bayer aux corneilles les salariés ? Et comment remotiver ses talents pour leur donner l’envie de rester ?

Employeurs, accrochez vos ceintures, ces chiffres peuvent heurter votre sensibilité. Selon une étude menée par l’agence d’intérim Qapa, 63% des Français (et donc potentiellement certains de vos collaborateurs) s’ennuient ferme au travail. Vous n’aviez rien remarqué ? Normal, ils sont 90% à cacher leur ennui.

Je m’ennuie, tu t’ennuies, nous nous ennuyons…

C’est George Benarnos qui le disait dans son Journal d’un curé de campagne : « Le monde est dévoré par l’ennui ». Quand on voit la proportion de Français qui confirment s’ennuyer ferme derrière leur poste de travail, il voyait juste ! Ce qu’il n’imaginait pas en revanche, c’est que 62% des Français prétendent avoir une activité passionnante (ah, le personal branding, quelle affaire), tout en osant, pour 61%, déclarer à leur boss (vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas) qu’ils tournent en rond. On pourrait continuer comme ça et faire comme si de rien n’était, me direz-vous, puisque ce jeu de dupes semble satisfaire tout le monde. Oui, mais… plus de la moitié des Français (54%) sont prêts à gagner moins en échange d’un travail qui les intéresse davantage.  

Un ennui qui pousse à la démission

C’est dommage tout de même de laisser cette situation perdurer quand on sait que 92% des cadres2 considèrent que leur travail est important dans leur épanouissement global, et 88% estiment que leur entreprise joue un rôle important dans cet épanouissement. Sauf que, c’est là que le bât blesse : une large majorité (59%) trouve que son entreprise, justement, ne lui offre pas assez de perspectives professionnelles.

Ce qui contribue à alimenter des envies d’ailleurs, avouées par 62% des cadres (et 74% des 18/34 ans !) qui envisagent de démissionner, dont plus de la moitié dans l’année qui vient. Dans les raisons qui les poussent à faire le grand saut, la rémunération arrive après l’envie de nouvelles perspectives professionnelles.

Employeur, DRH : les bonnes pratiques pour garder ses talents

Vous tremblez à l’idée de cette potentielle vague de démission qui vous attend dans les mois à venir, et le risque de désorganisation qu’elle fait planer sur votre entreprise ? Il est temps de réagir pour remotiver vos troupes et insuffler une nouvelle énergie.

              Donner de l’autonomie et de la confiance

Quoi de mieux pour se sentir exister que de prendre ses propres risques et assumer ses décisions ? Acceptez de lâcher la bride à vos collaborateurs, et laissez-les prendre des initiatives dans un cadre fixé au préalable. Ils réussissent ? Bravo, vous n’auriez peut-être pas pensé au mode opératoire qu’ils ont proposé. Ils échouent ? Accrochez sur la porte de votre bureau cette maxime réconfortante « Sometimes you win, sometimes you learn. » (cela détendra vos collaborateurs) et relisez notre article sur les bienfaits de l’échec (cela vous détendra).

              Dire halte à la réunionnite

Quand on sait qu’un cadre français passe en moyenne six semaines par an en réunion (plus que ses vacances !), mais que seulement 52% de ces réunions sont jugées productives, on comprend bien la nécessité de s’interroger sur l’utilité de réunir le ban et l’arrière-ban pour commenter une présentation Powerpoint (double effet Kiss Cool mortifère garanti). Pour cela, formez vos équipes aux fondamentaux d’une réunion efficace :

  • Limiter le nombre de participants à ceux qui ont vraiment un rôle à jouer dans le projet. Les autres liront le compte rendu.
  • Bien choisir son heure : juste avant le déjeuner, c’est super, tout le monde sera pressé d’en finir, ou alors le matin, au début de la journée, avant que chacun ne soit happé par ses urgences. On évite les réunions de fin de journée qui enquiquinent les parents et sont moins productives, fatigue oblige.
  • Prévoir un créneau limité (30 minutes idéalement, 1h maximum) et s’y tenir. Surveiller le temps passé sur chaque sujet pour s’obliger à trancher plutôt que d’ergoter pendant 40 minutes sur la slide 37 de la présentation.
  • Envoyer un ordre du jour en amont, avec une hiérarchisation des sujets.
  • Poser les smartphones et ordinateurs portables à l’entrée de la salle pour favoriser la concentration et la qualité des échanges.
  • Pourquoi ne pas essayer les réunions debout, qui permettent de gagner du temps en évitant de somnoler au-dessus de sa tasse de café ?

              Miser sur la formation et la mobilité

Quoi de plus ennuyeux que de faire et refaire ce que l’on a déjà fait et refait ? Stimulez la motivation de vos salariés en leur proposant de nouvelles missions, et en favorisant la mobilité interne tous les deux à trois ans. Accompagnez-les en renforçant leurs compétences via des programmes de formation personnalisés qui leur permettront d’explorer de nouveaux champs d’intérêt et d’action (pensez aux MOOCs, faciles à mettre en œuvre). Vous leur donnez des perspectives, vous développez vos compétences internes, et eux ont le sentiment de progresser : une logique gagnant-gagnant qui fidélise vos talents.

              Offrir de la flexibilité

Il est révolu, le temps du 9h-18h, cinq jours par semaine et cinq semaines par an[LC3] . Les salariés veulent pouvoir mieux concilier leur vie professionnelle et personnelle (plus d’un tiers d’entre eux2 sont prêts à démissionner pour cela) : il est temps de faire évoluer votre organisation dans ce sens. Le télétravail offre à vos équipes une souplesse agréable, leur permettant de jongler avec les différents pans de leur vie sans nuire à leur productivité.

Vos salariés n’ont pas trop envie de travailler sur leur table basse entre leur cafetière et la nounou de leurs enfants ? Financer des places dans un espace de coworking proche de chez eux est un argument de poids qui renforce leur qualité de vie au travail.

Soyez aussi flexibles sur les horaires de travail. Cela arrange Monique, mère de trois jeunes enfants, d’arriver à 8h et de repartir à 17h ? Où est le problème (puisque vous avez arrêté de faire des réunions en fin de journée), tant que le travail est fait ?

Miser sur un cadre de travail stimulant

Ce n’est pas Wojo qui le dit (même si on le pense très fort), c’est l’université de Warwick au Royaume-Uni. D’après eux, la productivité de salariés heureux augmenterait de 12%3, ce qui vous donne douze bonnes raisons d’investir dans le bien-être de vos salariés sur leur lieu de travail. Espaces modernes, postes de travail réglables, aménagements d’espaces communs, de salles de réunions créatives, d’espaces où l’on peut se concentrer, animations qui favorisent les échanges informels, autant de bonnes idées à développer pour rendre plus chouette la vie dans vos locaux. Si vous ne savez pas par où commencer, n’hésitez pas à nous demander : Wojo a des équipes conseils dédiées sur le sujet.

Désormais, à vous de jouer pour faire mentir les statistiques et ôter l’envie de bâiller à vos collaborateurs !

  1. Source : enquête réalisée par Qapa auprès de 4,5 millions de candidats sur Qapa.fr, février 2019.
  2. Source : enquête Les Cadres et la démission, réalisée par Ifop pour Cadremploi, octobre 2018.
  3. Source : University of Warwick, étude réalisée au Royaume- Uni, février 2014.

Article rédigé par Clémentine Garnier pour
Wojo.
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