Et toi, tu coworkes où ? Entre les travailleurs indépendants et les adeptes du télétravail, les adresses où il fait bon travailler bien entouré·e se refilent, telles de vraies recettes à succès. Voilà plusieurs années qu’on ne travaille plus de son canapé, mais d’un espace partagé, qui brasse freelances et salariés nomades de tous horizons. Selon une étude Inkidata pour Wojo réalisée en février dernier, 44% de ses membres citent la convivialité au travail comme source d’épanouissement, contre 37% de leurs collègues Français… Alors, on socialise ?

Au premier abord, interagir avec une communauté et y trouver sa place peut paraître complexe ; d’ailleurs certains ne le feront jamais, se contentant d’un regard furtif et d’un « bonjour » marmonné en s’installant dans un coin, le casque sur les oreilles. C’est se priver de l’un des avantages du coworking, tant ces espaces sont de véritables ruches de talents bourrées de bons plans et de synergies humaines !

Pourquoi créer du lien en coworking ?

Considérons un instant les deux composantes de ce bel anglicisme. Venant du latin, le préfixe « co- » exprime l’adjonction et le faire ou vivre ensemble. Nul besoin de parler Wall Street English pour comprendre la partie « working ». Voilà pour la leçon d’étymologie. Lorsque l’on passe la porte d’un espace de cotravail, comme le diront les défenseurs de la langue de Molière, on accède à tout un écosystème à fort potentiel. On est peut-être un champion en langage Python, mais sans chef de projet et autres compétences complémentaires, des projets plus importants restent hors d’atteinte. L’union fait la force !

Et puis tout simplement, nul ne contestera le bienfait que l’on éprouve à évoluer dans une atmosphère détendue, bienveillante, où chacun prête attention aux autres, sans pour autant devenir intrusif. La convivialité au travail est faite de petits détails, auxquels chaque coworker, manager, collaborateur peut contribuer.

De la subtilité de la convivialité au travail

Choisir le coworking est donc un acte social en lui-même. Toutefois, poser son ordinateur à une table commune ne suffit pas, encore faut-il lever le nez de son écran et s’intéresser à ses alter ego. Cependant, en s’adressant de but en blanc à son voisin, lancé dans son dur labeur, il se peut que l’on se heurte à un mur d’incompréhension. Vous l’aurez compris, créer un bon contact est tout un art, faire preuve de convivialité au travail implique de ne pas être intrusif, de trouver le bon timing, s’intéresser à l’autre pour sa personne, et non seulement la profession exercée, par exemple.

Témoignage de Patrick, développeur web :
« J’ai été biberonné par un des premiers espaces de coworking parisiens où j’ai fait un stage de fin d’études. Suite à sa fermeture, j’ai récemment pris un mois dans un “coworking” à côté de chez moi. Grosse déception, j’ai tenu deux jours. C’était une définition toute autre du coworking. On ne m’a présenté à personne, il fallait ramener son propre café, les gens mangeaient séparément sur une table basse le midi. Les coworkeurs parlaient (fort) dans l’espace de travail, soit entre collègues ou au téléphone, j’étais le seul à sortir dehors pour téléphoner. L’ambiance n’était ni studieuse ni stimulante, les autres membres n’étaient pas vraiment dans la découverte de l’autre. Bref, j’ai plus eu l’impression de débarquer dans un bureau partagé que dans un coworking.
Pour moi le coworking c’est : 1. un espace de travail où je sais que je vais être plus performant qu’à la maison, car l’environnement y est calme et studieux. 2. Un espace de rencontre humaine et de convivialité 3. Un écosystème d’apport d’affaires, d’entraide, d’événements et de formations. »

Certes, nous sommes tous là pour la même chose : être productif et avancer sur nos projets respectifs. Attention donc à préserver l’espace des autres. La convivialité au travail dont parle Patrick peut faire le succès ou la déchéance d’un lieu de coworking, quand bien même nous serions là parce que nous aimons travailler entouré·e·s d’autres professionnels et mutualiser nos ressources.

À l’humain s’ajoute une dynamique commune, créatrice d’opportunités. C’est pour cela qu’il est important de faire savoir qui l’on est et ce que l’on fait, en somme, être vu et reconnu ! Un fragile équilibre à entretenir, avec le sourire s’il vous plait.

Veillez donc à aborder les autres membres de la communauté de préférence au bar, ou dans les autres espaces consacrés à la convivialité au travail, tels que la cuisine partagée, la table de ping-pong, la terrasse… Chez Wojo, le coworking dédié au travail dans le calme, appelé Wojo Corner, est clairement indentifiable. Lorsque l’on s’y installe, le signal est clair : on travaille, on ne bavarde pas !

Devenir un as du brise-glace

Réseauter. Parfois le mot sonne faux, hypocrite même. Que nenni ! On ne le répètera jamais assez, construire son réseau n’est pas néfaste, au contraire, c’est une habitude saine à adopter. Se construire un réseau relève d’une convergence de soft skills : l’observation, l’écoute, l’intelligence émotionnelle, notamment l’empathie et bien d’autres.

On a par ici quelques conseils pour ne pas passer inaperçu·e.

La pratique de l’icebreaker est en plein retour, comme en attestent les memes sur les réseaux sociaux. L’outil Microsoft Teams a même mis en place une fonction Icebreaker qui vous met en lien avec un autre membre d’équipes qui partage votre plateforme logicielle, pour encourager les co-travailleurs à échanger.

Lors du Bootcamp SheMeansBusiness organisé par Facebook et Social Builder en 2018 qui réunissait près de 2000 personnes, l’exercice du brise-glace a pris des proportions monstres. À l’aide d’une série de questions, l’assistance était défiée de remplir la grille de réponses à l’aide de ses voisins. Une interaction bien plus informative qu’un simple échange de cartes de visites et de formules toutes faites.

Faire preuve de convivialité au travail : quelques bonnes pratiques

Envie de faire de même ? Voici quelques astuces à tester :

  • Usez du pouvoir sous-estimé d’un « bonjour », de bonne humeur c’est encore mieux !
  • Préférez les espaces de restauration, la terrasse ou l’accueil pour engager la conversation.
  • Attachez-vous à reconnaître rapidement les gens et mémoriser leur prénom, hum…
  • Si vous peinez à engager la conversation : évoquez une animation du lieu, comme ceux pour la communauté Wojo.
  • Adoptez une attitude avenante, si vous connaissez le lieu et que la personne paraît chercher quelque chose, demandez-leur si vous pouvez la renseigner : la convivialité au travail, c’est aussi donner de son temps.
  • L’humour crée du lien ! Au lieu d’attraper la dernière prise de courant, le regard menaçant optez pour : « Les multiprises, ce Graal des espaces de coworking. »
  • Travaillez votre sens de l’observation, posez des questions ouvertes (CQQ-COQP – comment, qui, quoi ou quel, combien, où, quand, pourquoi).
  • Éviter de vous faire des ennemis en vous retenant d’aborder des sujets à conviction comme la politique et la religion.
  • Restez vous-même : si vous êtes troublé·e ou que la personne vous impressionne, avouez-le. Votre franchise et authenticité ne feront que renforcer la qualité humaine de votre échange.
  • Faites comme l’entrepreneur américain Ryan Nicodemus prônant le minimalisme qui trouvait que l’on parlait trop du travail et pas assez des choses qui nous passionnent. Il a décidé qu’à la question « Et vous, que faites-vous dans la vie ? », il répondrait dorénavant : « J’adore faire du snowboard, et vous qu’aimez-vous faire ? » Après quelques regards éberlués, il en a appris davantage sur ses interlocuteurs.
  • Pour ceux qui sont décidés à s’emparer du sujet de la convivialité au travail et souhaitant aller plus loin : endossez le rôle d’organisateur lors d’un rassemblement de la communauté. Usez de la stratégie du photolangage en proposant aux participants des cartes imagées, à l’aide de photos glanées sur Pinterest, et demandez-leur de choisir celle qui correspond le mieux à leur humeur. Cela facilite la mise en contact pour d’une part engager la discussion et d’autre part exprimer ses intentions.

En manque d’inspiration ? Essayez de décliner votre pitch en une seule phrase qui n’introduit ni votre secteur ni votre profession. La créativité de votre interaction piquera sûrement la curiosité de votre interlocuteur. Enfin, ne vous arrêtez pas à une première impression peu concluante, derrière une façade peu expressive se cache peut-être un futur collaborateur à la timidité légendaire. En tout cas, c’est avec l’entraînement que l’on se perfectionne, allez-y faites le premier pas !

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