Les réseaux sociaux ont fait de nous, consommateurs, collaborateurs et usagers, des personnes exigeantes. Et conscientes de leur valeur. Ajoutez à ceci le ras-le-bol des embouteillages, le surmenage, le besoin de sens et/ou de liberté… Nous sommes de plus en plus enclins à nous vouloir nous délester de tout ce qui nous parait être sans valeur ajoutée, pour nous consacrer à ce qui est vraiment important.

Un besoin que les entreprises qui tiennent à leurs talents ont fort bien compris. Pour nous aider, mais aussi améliorer notre qualité de vie au travail, elles font donc appel à des prestataires chargés de nous proposer toutes sortes de “services aux collaborateurs” disponibles au bureau. Un bon point. Mais cette réponse nous suffit-elle ?

Le grand ras-le-bol

Complexification du monde du travail (avec notamment l’essor et l’influence des nouvelles technologies, qui en a obligé plus d’un à pivoter douloureusement), apparition de nouveaux métiers, management transversal, nouveaux usages, interrogations sur nos retraites, etc. : notre vie professionnelle aujourd’hui est peut-être exaltante, elle n’en reste pas moins souvent source de pression.

Ajoutez à cela l’insatisfaction de nombre de collaborateurs à l’égard de leur espace de travail, de leur temps de trajet quotidien et parfois même, de leur mission. Un mal-être général, palpable au travers des études qui se suivent et se ressemblent : « 27% des Français trouvent acceptable de faire un usage abusif d’un arrêt de travail » (ADP, 2018) ; « 90% des Français se déclarent frustrés au travail » (JPG, 2018), désengagement, burn-out… Malgré tous les efforts réalisés autour de la qualité de vie au travail, la souffrance persiste.

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Une lassitude qui donne envie aux cadres franciliens de prendre la tangente : pour gagner en qualité de vie, les parisiens rêvent des régions et se disent prêts pour cela à revoir à la baisse leurs prétentions en termes de responsabilités, perspectives d’évolution et même rémunération (Apec, 2019).

Le phénomène n’est pas nouveau et les entreprises tentent d’endiguer ce raz-de-marée de mécontentement, aidés en cela par leur RH. L’une des réponses réside dans le déploiement de services aux collaborateurs destinés à simplifier ou, selon, agrémenter leur quotidien.

 

Plus de services aux collaborateurs : un bon début

Il y a quatre ans déjà on constatait combien les services aux collaborateurs étaient gagnant-gagnant : « Les services […] favorisent le bien-être des collaborateurs (98%), l’attractivité d’une entreprise en termes de recrutement (91%), ils permettent aux salariés de mieux s’investir dans leur travail (86%), ils renforcent le sentiment d’appartenance à l’entreprise (84%)… » (Nexity-Ipsos, 2015). Et voici comment fleurirent toutes sortes de services sur le lieu de travail : conciergeries, cours de Yoga, salles de sports, mise à disposition d’accessoires de relaxation (lunettes immersives, Boîtes à Rêves…).

La demande est plus que jamais d’actualité : son périmètre s’est même élargi. Car les Français ne réclament pas uniquement des services aux collaborateurs dédiés à leur détente ou au repassage des chemises de monsieur. La qualité de vie au travail aujourd’hui requiert aussi du sens. Pour cette raison, les services attendus portent aussi sur :

  • des solutions susceptibles d’aider les équipes à être plus performantes et les décharger des tâches sans valeur ajoutée,
  • la possibilité d’interagir, élargir son réseau professionnel ou networker sur son temps de travail,
  • mais par dessus-tout les Français ont besoin d’être stimulés intellectuellement pour s’épanouir au travail (Inkidata pour Wojo, 2019).

Mais si les entreprises se disent toutes préoccupées par la qualité de vie au travail, elles n’ont pas toutes les ressources de déployer tant d’options. Elles sont donc de plus en plus nombreuses à louer leurs bureaux dans des espaces de coworking qui, eux, proposent toutes sortes d’activités et services et notamment des conférences business, coaching et formations à la carte…

Moins connues en tant que service au collaborateur mais tout aussi impactantes, les plateformes sociales, telles que Move your buddy ou Youpiesatwork, qui incitent les équipes à se mélanger, pratiquer des activités ensemble, ou les aident individuellement dans leurs démarches administratives. Objectif, réenchanter le monde du travail et améliorer la répartition des temps pro/perso (ou au moins, compenser un temps de trajet excessif). Nombreux sont les RH qui s’appuient désormais sur ces solutions pour mesurer et améliorer la qualité de vie au travail et/ou l’expérience collaborateur.

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Plus d’attention et de convivialité, sinon rien

Tous ces services aux collaborateurs ont une réelle valeur ajoutée et nous avons bien raison de leur trouver de l’attrait. Tandis que les services de conciergerie ont toujours le vent en poupe, les offres telles que les formations ou conférences sont donc devenues, elles aussi, des standards : cela fait désormais partie des prérequis observés à la loupe par les candidats exigeants.

Pour autant, ces avantages ne sauraient compenser ce qui nous manque le plus en matière de qualité de vie au travail : l’hospitalité. Tout comme on est heureux de rentrer chez soi et sensible au fait d’être (bien) accueilli par notre conjoint.e, nos enfants turbulents ou le chat affamé… nous devrions nous sentir bien lorsque nous franchissons chaque matin la porte de notre espace de travail (parfois au terme d’un temps de trajet éprouvant). À charge pour le premier arrivé d’organiser cette bienveillance, ce chaleureux accueil qui mettra les suivants en jambes.

En la matière, le savoir-être des professionnels de l’hôtellerie, par exemple, reste sans égal. Qui n’a jamais éprouvé la satisfaction d’être salué avec le sourire, appelé par son nom, accueilli avec gentillesse et sans précipitation ? Quoi de plus vertueux que de voir une mine réjouie et attentive pour commencer ou finir la journée ?

Au-delà des services aux collaborateurs, qui seront certes toujours les bienvenus, il est aussi temps pour les managers de s’interroger sur l’impact de l’accueil quotidien de leurs équipes (et clients). De bon matin mais aussi tout au long de la journée… car l’hospitalité au travail est, elle aussi, une aspiration légitime.


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