En 2018, les start-ups françaises ont levé un total de 3,2 milliards d’euros. Pourtant, cette manière de financer son développement n’est pas propre à toutes les start-up. Beaucoup d’entreprises passent par l’autofinancement. Le bootstrapping implique de développer son projet avec les moyens du bord tout en gardant son indépendance. Alors quel est le minimum vital pour un entrepreneur ?

Entreprendre avec les moyens du bord

Il y a peu, entrepreneur rimait encore avec système D et moyens du bord. Ceux qui osaient entreprendre l’admettaient à demi-mot et embarquaient pour des années de débrouille peu glorieuses. Puis l’apogée de la start-up nation est arrivée, et désormais le jeune entrepreneur se hisse sur les épaules de géants. VC, investisseurs, business angels, les dénominations sont multiples. Quel est leur but ? Trouver la pépite et miser sur une licorne. Mais bien souvent, à la croissance de start-up à la vitesse de la lumière succède un véritable passage à vide business causé par des bases peut-être pas assez solides, une progression trop soudaine du modèle ou encore la perte de vue de l’essentiel dans la course au profit.

Tandis qu’avec le bootstrapping, l’entrepreneur prend son temps. Certes, il ne bénéficie pas de l’aura d’un investisseur important, mais il a pris un chemin de traverse. Le bootstrapping, aussi appelé autofinancement, implique de manière générale une temporalité plus longue. L’entrepreneur se met dans une situation de croissance pas à pas et avec peu de moyens. Pour ces entrepreneurs, leur bourse est constituée d’économies et du fameux « love money ».

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Comment fonctionne le bootstrappeur ?

Pour tester son idée, tout entrepreneur qui fait le choix du boostrapping commence par faire appel à son cercle de proches et son réseau immédiat. La négociation et le troc seront de mise à chaque étape pour économiser partout où c’est possible. L’avantage de ce fonctionnement est que chaque décision est mesurée, pesée et démontre l’attractivité de l’idée vis-à-vis d’un nombre de personnes qui y croient. Le bootstrapping, quand il est bien fait, révèle la réelle teneur du produit ou du service que l’on souhaite développer, et fédère autour de lui ceux qui y ont cru dès le début.

D’un certain côté, faire du bootstrapping, c’est un peu devenir le MacGyver de l’entrepreneuriat. L’autoformation est capitale, on apprend à faire des choses accessibles. Par exemple, on apprend à créer son site web grâce à une plateforme en ligne, simpliste, mais qui sera déjà une première vitrine. De plus, cette phase facilite la redistribution des ressources par la suite, qu’elles restent restreintes ou augmentent grâce à un financement. En bref, on gagne en autonomie, mais aussi en compétences et en réseau.

D’autre part, le bootstrapping permet de garder la propriété et le contrôle de son projet. Toute découverte ou innovation reste entre les mains des initiateurs de la démarche. Tandis que quand un investisseur s’en mêle, celui-ci peut tout à fait détenir une partie du travail, même s’il n’a pas techniquement mis la main à la pâte. Au final, avec ses tactiques de troc et d’échanges de bons procédés, le boostrappeur possède ce qui lui importe : ses idées. Un détail qui n’en est pas un sur des sujets d’innovations qui seront amenées à être brevetées.

Le MVP, mascotte du bootstrapping

On ne peut parler de bootstrapping sans mentionner le MVP (minimum viable product), le produit minimum viable. Ce concept emblématique consiste à obtenir une version minimale de son idée et à moindre coût. Si c’est un produit, il est accessible à la production et peu gourmand en ressources. Dans le cas d’un service, il est facile à mettre en place par sa légèreté opérationnelle. Alliée du startupper, l’agilité permet de pivoter rapidement ou de changer d’angle d’attaque si les premiers tests se révèlent non-concluants.

La simplicité du MVP le rend transposable dans toute situation et permet de tester le fond plutôt que la forme. Quand on se défait des choses superflues, c’est l’essentiel qui saute aux yeux. On révèle alors une idée brillante au reste du monde, pas seulement au business angel que l’on chercherait à séduire. Le MVP teste non seulement l’idée, mais aussi les bases de la rentabilité du projet. Si le projet tient ses promesses avec les moyens du bord, c’est qu’il est construit sur des bases suffisamment solides.

Une affaire de bon timing

Il est tout de même important de rappeler que le bootstrapping et la levée de fond ne sont pas des valeurs qui s’opposent. Tout entrepreneur le sait, la question de timing est cruciale. Si l’autofinancement permet de tester l’idée, la levée de fonds donne un coup d’accélérateur au moment opportun. La clé est de bien comprendre les besoins du projet et non d’envisager le financement comme le remède miracle pour construire une entreprise plus forte et plus performante. Ceci est une illusion, et les illusions ne survivent pas bien longtemps dans le monde de la start-up. Combien de jeunes pousses ont été forcées de mettre la clé sous la porte une fois que les investisseurs leur ont tourné le dos ?

Le bootstrapping vous parle ?

Voici quelques tactiques pour vous y mettre dès aujourd’hui :

  • Réduisez votre idée à ses essentiels en vous focalisant sur trois points.
  • Vainquez vos peurs et présentez votre idée à vos proches et à votre réseau immédiat pour recueillir les retours et bonnes idées.
  • Préférez un abonnement de coworking flexible et sans engagement au lieu de vous imposer des frais fixes en bail 3/6/9.
  • Faites du networking, participez à des évènements dédiés à l’entrepreneuriat, pour poser des questions et trouver les bons plans. Le succès est fait de belles rencontres !

Article rédigé par Aurore BISICCHIA
pour WOJO
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[Dossier] Le B.A.-BA des levées de fond

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