Quand vous montez dans une rame de métro et que, par chance, elle n’est pas bondée, vous arrive-t-il de chercher une place tranquille, sans voisin pour vous importuner ? Oui ? C’est que vous tenez à votre « espace personnel », cet espace qui fait office de zone tampon entre vous et les autre dans la sphère publique. Hé bien, dans le travail, c’est pareil, et en particulier dans l’Open Space, cet espace qui laisse peu de place à l’individualité. Alors, que fait-on de l’Open Space à l’heure de l’innovation ? Invention.

Pour rappel, l’Open Space, c’est ce bureau ouvert où vous évoluez avec de nombreuses personnes qui vaquent à leurs occupations respectives et engendrent nécessairement des nuisances diverses : un appel téléphonique ou encore un œil curieux sur votre écran d’ordinateur. Cet environnement peut vite devenir anxiogène. Pas moyen de s’isoler, d’avoir un coin à soi pour être tranquille ou simplement se concentrer.

Selon l’institut CSA, un français sur cinq travaille en Open Space. Le manque d’intimité dans un espace public soulève la question de la productivité. C’est 52 milliards d’euros qui sont perdus par manque d’investissement dans le travail, nous livre Motiva, la société spécialisée dans l’étude de la motivation. Parallèlement, dans un cabinet de téléopération, on a décompté 86 minutes de temps de travail perdu dû à la distraction créée par le bruit ambiant selon une enquête de franceinfo.

Mais alors, l’Open Space doit-il mourir ?

L’Open Space, c’est aussi un espace plus convivial où on peut échanger une blague, une anecdote ou encore trouver une idée innovante par effet de rebond lors d’une conversation triviale. C’est un espace relationnel qui permet de ne pas se sentir isolé socialement, car après tout « l’Homme est un animal social ». C’est un espace collaboratif et où on peut échanger avec un collègue ou un coworker sur une idée ou partager ses connaissances. D’autant que le travail collaboratif ne manque pas de faire parler de lui ces dernières années. Internet fourmille d’article prônant ses vertus.

Le collaboratif, c’est une organisation horizontale où chacun est à même de proposer une idée, d’agir de façon plus autonome, de prendre des initiatives. Des pratiques qui permettent souvent des innovations, une optimisation du fonctionnement, une rapidité de réaction, la stimulation de la créativité et l’investissement des employés, et ainsi à terme une entreprise plus performante.

Et le phénix renaît de ses cendres

Le cadre de travail et ses usages sont en pleine mutation. Désormais, ne sommes-nous pas à la recherche d’un équilibre à mi-chemin entre le cloisonnement et l’ouverture ? L’Open Space a fait sa crise existentielle et désormais il se réinvente, mute, s’adapte à l’instar des organismes vivants pour prospérer. On tend ainsi à un cadre de travail qui se transforme en s’ajustant à l’Humain et non l’inverse. Dans la pratique, tantôt le travail d’équipe s’avère utile, tantôt le travail individuel est de rigueur. Le secret ne réside-t-il pas ici ? Dans la liberté du choix.

Dans les nouveaux Open Space qui se créent aujourd’hui, c’est cette adaptabilité et cette diversité qui est nécessaire. Il est important de pouvoir trouver des espaces de travail ouverts, à l’instar des coworking, donnant la possibilité de passer d’un environnement studieux et « silencieux » à un espace plus propice à l’échange, et inversement. Ou encore des salles de réunions plus ou moins grandes qui s’adaptent au travail d’équipe, de petits groupes ou encore individuel.

Open space, open mind

L’idée d’apporter un endroit stimulant la créativité des collaborateurs est également un point essentiel dans leur problématique de travail. Une décoration décalée et « fun » encourage selon nous cet état contemplatif ou créatif. Elle peut aussi apporter un aspect moins formel, donnant au résident la sensation d’être dans un endroit plus familier et qu’il peut davantage s’approprier.

Par ailleurs, le lieu de travail n’a pas pour but unique d’accueillir le travailleur avec un toit et un bureau. Il peut jouer un véritable rôle dans la mécanique de travail de ce dernier. De fait, l’espace de travail n’a pas un rôle passif, mais bien un rôle actif. D’où l’importance de concevoir des espaces avec une approche différente. Ce sont des espaces « out of the box », qui permettent de sortir du cadre rigoureux auquel les collaborateurs ont été habitués. Il s’agit de salle thématique, des salles « Lego », de jeux vidéo ou de théâtre amenant les résidents à aborder les problématiques sous un jour nouveau. Et qui dit changement, dit souvent innovation.

L’Open Space d’aujourd’hui se distingue également par l’idée d’avoir des salles dédiées à certains usages permettant de trouver un lieu qui répond à chaque besoin. Un coup de fil à passer ? La « phonebox » est là ! Besoin de s’isoler pour effectuer une tâche au calme ou de buller sans le regard culpabilisant des collègues ? La salle « bulle » est la solution !

Finalement, cette mutation des espaces de travail traduit un besoin de flexibilité et de respect de l’individu en tant que personne à part entière. Il est question de liberté du corps et de l’esprit. Et pour cela la question du choix semble primordiale. Alors Open Space ou bureau fermé ? Ni l’un, ni l’autre. Les deux mon capitaine !

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